Créer de la cohérence entre ses contenus et ses valeurs

15 novembre 2021

Vie de freelance Transcription podcast

Temps de lecture estimé : 10 min

Diane Ataya et Marine Roman, du podcast Kiffe ton contenu, m’ont invité pour discuter autour de ma création de contenu et de comment je la mets au service de mes valeurs ! Tu trouveras en dessous la transcription du podcast. Il y a certainement des erreur, des fautes d’orthographes ou de syntaxes alors n’hésites pas à me le signaler si des améliorations peuvent être réalisées.

Nous sommes 3 personnes à discuter : Marine et Diane, créatrices du podcast Kiffe ton contenu et Jojo, graphiste de Bleu Renard Studio, invité de cet épisode. L’épisode dure à peu près 1h.
Bonne lecture !

Le sommaire :

Si tu souhaites écouter le podcast, tu peux le découvrir le sur la plateforme Ausha.

Début de la transcription

Marine : Hello Diane ! Comment ça va aujourd’hui ?

Diane : Et bien ça va assez bien. Nous sommes le 22 octobre, il est 14h11 et nous avons eu la mauvaise idée d’enregistrer ce podcast à l’heure de la sieste. Ne faites pas cette erreur ! rire

Marine : Aujourd’hui, c’est le second épisode du podcast avec un invité et notre invité voulait être… scénariste de comédie musicales solo en jouant tous les rôles

Diane : Ça dit beaucoup de nos rêves d’enfants et de nous. Et ça montre qu’on est capable de tout faire enfant. On ne réfléchit pas en terme de logique mais en rêve ! Mais du coup, nous recevons Jojo, du studio Bleu Renard pour parler d’accessibilité visuelle et d’inclusivité et comment mettre son design au service de ses valeurs ! Bonjour Jojo, j’espère que tu vas bien !

Jojo : Bonjour ! Et bien ça va, aussi l’heure de la sieste alors la voix va lentement se réveiller.

Question 1 : quel est le 1er contenu que tu as créé ?

Jojo : Déjà, je voulais vous remercier pour l’invitation sur le podcast, j’ai oublié de le dire dans le bonjour ! Et sinon… Je dirais des pièces de théâtre et de l’écriture de fiction. Bon je ne sais pas si vous avez connu l’ère des fanfictions et des webséries. À l’époque (on dirait que j’ai 80ans), les webséries c’était comme des séries mais à l’écrit, avec des photomontages, des montages vidéos avec de faux acteurs… Et personnellement, ce que je préférais créer au delà du texte, c’était tout ce qu’il y avait autour : le générique, des montages promo ! On était dans un tout autre monde. Je devais avoir 9/10ans à peu près, j’ai découvert internet quand j’ai eu mon 1er ordinateur à cet âge.

Diane : Mais comment tu as découvert cet univers de la fanfiction ? Tu as rencontré des gens ou tu as tapé sur internet pour en trouver ?

Jojo : Plutôt la seconde option ! Quand j’ai eu mon ordinateur, je voulais apprendre d’avantage autour de mes séries favorites, dont une que je n’avais pas le droit de regarder : Alias, une série d’espionnage. Espérons que ma mère n’écoute pas ce podcast ! **rire ensemble** Je voulais découvrir plus de contenus autour, les personnages, j’ai cherché sur le moteur de recherche et je suis tombé sur des forums et après sur les fanfictions. Et pendant quelques jours, j’ai cru que ça parlait de la vraie série. Je ne comprenais pas car ça ne se passait pas du tout comme ça normalement ! Jusqu’à ce que je comprenne qu’il s’agissait d’histoires que les gens écrivaient sur l’univers. J’avais envie d’aller plus loin, de découvrir plus, de participer à un univers…

Et si on parle au delà du contenu des passions, ce serait des contenus de vulgarisation autour de l’alimentation vegan : des recettes, montrer aux gens que c’était possible, simple et bon car je suis moi-même vegan. Ça, c’est quand j’ai ouvert un blog sur la cuisine vegan. Là les gens vont se demander quel age j’ai…

Diane : Tu n’as pas d’age Jojo..

Jojo : C’est ça ! En tout cas, c’était mes 1ers contenus professionnels et qui m’ont mis le pied à l’étrier sur la vulgarisation.

Diane : Pour revenir sur les fanfictions, ça me fait pas mal penser au visiteur du futur. Une webserie qui va bientôt sortir en film ! Et je vois tous les univers parallèles qui ont été créé autour, avec des contenus. Et je trouve ça génial, de voir comment on créé un univers aussi complet puis il y a un élan communautaire derrière ! Et ce n’est plus juste une série « random » mais un univers qui embarque les gens dans une aventure.

Jojo : C’est ça, et souvent je dis qu’il n’y a pas plus creatifves que les fans ! Pas mal de gens les critiquent, mais une communauté engagée est créative. Après ça plait ou pas à l’auteurice mais ça augmente l’idée et l’univers. Y’a des fans qui ont corrigé des erreurs de chrono dans des séries quand même !

Marine : Après on n’est pas trop jeune, j’ai connu les fanfictions ! Quand j’étais ado, je passais mon temps sur des fanfictions, puis j’ai été sur watpad. Beaucoup se réapproprient les personnages. J’aimais bien ces univers et voir comment les gens faisaient avec la trame générale !

Question 2: Quel est le contenu que tu rêves de lancer d’ici une dizaine d’années ?

Jojo : Bon j’ai déjà dû mal à me projeter à 6 mois mais on va dire le futur contenu… Je dirais un livre. C’est assez égoïste et centré sur moi mais un livre de fiction ou sur la réalité. J’ai à coeur de mettre sur papier mes mots et mes histoires et de rendre réel. Et sinon des vidéos ! De base je suis plus vidéos que podcast car j’ai besoin de voir pour ressentir. Je suis passionné par l’image alors ça me dirait bien de m’y mettre. Pour raconter quoi ? Aucune idée mais bon ! **rire ensemble**

Diane : Après les idées elles viendront quand elles devront venir ! Et elles sont surement déjà là, il faut juste savoir les attraper et les cueillir.

Jojo : Oui c’est vrai ! Je sais que je n’ai pas de soucis à trouver des idées finalement, mais ce qui m’intéresse le plus, c’est tout le processus en amont, plus que la sortie. La recherche, la hiérarchisation, la vulgarisation, le montage. Le pire, c’est de mettre en ligne. Ça pourrait s’arrêter avant mais on reste des personnes humaines et en tant qu’humain, on aime montrer ce qu’on a fait aux gens. Mais ça ne me dérangerait pas d’arrêter avant la sortie.

Diane : Pour revenir sur le livre, ça va parler à Marine car lors de nos études en 1ere année, on a dû faire un livre et quand on la reçu en vraie, t’es fier·e de l’avoir.

Marine : En vrai, ce n’est pas ce livre là que j’ai été le plus contente de recevoir mais plus celui des bancs. Pour la petite histoire, en 3eme année on avait des projets clientèle et on a eu un des pires projets, très prenant en mode déplacement la vieille pour le lendemain. Mais quand on a vu le livre en vrai, il y avait pleins de photos de détails qu’on avait prise !

Diane : On divague sur l’épisode mais je me souviens qu’on avait pris une voiture, on était 5 pour aller dans la ville. Ce projet était chiant et pas sexy et on devait juste prendre des photos de bancs mais finalement… On avait passé une super aprem’ avec Marine, à prendre en photo des détails de la ville !

Marine : C’était vraiment drôle ce projet.

Question 3 : Pourquoi un  changement de nom instagram ?

Diane : Tu as changé ton compte instagram en bleu renard studio et on voulait savoir pourquoi tu avais voulu clarifier ce nom et pourquoi passer sur l’appellation studio ? Et au début de ton compte, tu postais surtout des créations et maintenant tu parles plus de l’humain. Qu’est ce qui t’a donné envie d’en arriver là ?

Jojo : Sacré sujet ! C’est surtout un gain de confiance et accepter qui je suis, d’être fier de mes valeurs et combats et arrêter de me cache derrière la peur. La peur de gêner, de mal faire. Je suis quelqu’un qui a toujours peur de blesser par mes propos, une incompréhension… Ce qui fait qu’Instagram, si tu as 100 personnes qui te suivent, ton contenu peut facilement faire le tour de la plateforme si ça ne va pas et ça peut partir en harcèlement/dm très violents. Je n’en suis pas là du tout mais ça me faisait peur, de me lancer.

Et aussi quand je ne suis pas passionné à 200%, je ne le fais pas et poster mes créations, bah… J’adore créer mais je ne voyais pas ce que je pouvais apporter en les postant. Et d’autres gens le font bien mieux que moi, en mettant en avant des projets. Et personnelement j’avais envie de mettre en valeur ce qui me tenait à coeur et de le lier au design. Là m’est venu la question importante de : est ce que je fais deux comptes ? Clairement ça peut aussi inquiéter des personnes avec qui tu souhaites bosser, de parler de sujets plus politiques et au final je me suis dis que non, j’allais faire les deux. Car mon approche du design est lié à ces combats et valeurs, au féminisme et à la convergence des luttes. Pour représenter des personnes minorisés dans les photos, les videos, la musique, il faut comprendre pourquoi c’est important. Et ça c’est hors design. J’ai décidé de rester sur 1 seul compte et d’essayer d’y aller à fond et d’expliquer pourquoi en tant que graphiste je poste aussi du contenu « en dehors ». Et là est arrivé mon rebrandring, même s’il n’y avait pas de branding à la base.

Diane : C’est hyper intéressant le sujet de la division des comptes car quand tu es une personne qui a des combats, il n’y a pas un moment où tu n’es plus militant·e. Ça me semble peu probable de travailler avec quelqu’un qui ne croit pas en l’égalité des genres par exemple. Tout comme je fais le choix de mettre en valeur des personnes en qui je crois, qui veulent changer les choses ! Hier j’ai fait un post « tu peux changer le monde si tu arrives à croire en toi » et c’est tout aussi engagé que le reste. Et tu ne peux pas retirer tes engagements comme ça.

Jojo : C’est exactement ça. Je me suis dis que si les gens n’ont pas d’échos avec ce que j’amène, je crois que je ne pourrais pas travailler avec ces personnes. Je ne parle pas des personnes qui ne connaissent pas, ne savent pas ce que c’est, c’est différent. Ça permet vraiment de dire avec qui j’ai envie de travailler et à qu’iels vont avoir à faire ! Et ça ne me place pas en personne qui connait tout, loin de là.

Marine : Et ça te permet d’amener des gens qui sont en accord avec toi !

Question 4 : Qu’est ce dont les projets de coeur pour toi ?

Marine : Et sur ton compte, tu as un format projet de coeur, pour mettre en valeur tes projets clients ? Pourquoi c’est important à toi ?

Jojo : Déjà, j’ai des soucis avec les mots marketing. Par exemple le client idéal, bah c’est masculin le client donc… pourquoi utiliser le masculin ? Donc parler plutôt de clientèle idéale ou de clientèle de coeur. Ce sont des personnes et des projets qui parlent avant tout à mon coeur avant mon esprit, d’où les projets de coeur.

Diane : Je trouve ça super intéressant ce choix de nom et j’en parlais avec Marine la semaine dernière. On travaille avant tout avec des personnes avant des client·e·s ! Je préfère parler de marketing, de leur vie, de leur maison de comment iels veulent changer le monde, de leur croyance, etc. Ce n’est pas qu’en terme d’argent et même si c’est important, ce qui nous porte ce sont leur valeurs.

Jojo : Et les deux sont entendables. Tout le monde a eu des projets où c’était surtout des projets où on avait besoin d’argent et y’a pas de soucis. Et ça ne veut pas dire que tu n’as aucune relation avec la personne, loin de là. Mais si tu bosses avec quelqu’un où tu sais que les valeurs vont vraiment matcher, que les conversations vont aller au delà de la prestation, c’est genial. Hier j’ai parlé avec ma cliente de littérature et qu’on était là pour évoquer son besoin à la base. C’est ce genre de conversation d’acquérir des connaissances en plus ! Ça aide à mieux comprendre et aussi d’avoir un regard différent sur un autre sujet. Et ça c’est hyper important pour ne pas rester bloquer seul dans ses idées, encore plus quand on est en indépendance.

Diane : On en parlait avec Marine justement. Faire des projets ensemble c’est une excuse pour plus parler avec toi !

Marine : J’avais une cliente la semaine dernière. On faisait un point et elle m’a dit « je trouve ça trop bien car tu fais des blagues que je pourrais faire ». Et dans la création de contenu, ça permet d’être aligné et de « penser » à leur place.

Diane : Et puis ça permet d’avoir une relation plus long termes avec les personnes avec qui tu bosses car ce n’est pas axé seulement sur la prestation.

Question 5 : L’accessibilité visuelle, comment ?

Diane : Pour une personne qui a fait sa charte graphique mais qui n’y connait pas grand chose en accessibilité, quels sont les conseils que tu donnerais pour la rendre plus accessible ?

Jojo : Le plus important et je le dis souvent, c’est que votre regard n’est pas celui de tout le monde. Si pour vous c’est lisible, ce ne l’est peut être pas pour la personne en face. Ou si vous commencez à plisser les yeux pour lire du contenu, c’est qu’il y a potentiellement un soucis. On ne se rend pas compte de la différence entre le confort de lecture de la lisibilité. Pour les personnes qui débutent et ont envie de créer du contenu, en 1er, commencez à faire attention à la taille de votre texte. Si vous devez être prêt·e de votre écran pour lire ou si vous plissez les yeux, c’est que c’est surement trop petit. Le téléphone est un très mauvais support pour vérifier la taille de texte car on à toustes notre nez collé dessus donc difficile de s’en rendre compte.

Ensuite ce serait de passer vos visuels en noir et blanc car ça écrase le contraste de vos couleurs et vous allez peut-être vous rendre compte que le rose poudré à côté du blanc, ça ne se verra pas du tout.

Le 3eme conseil ce serait de montrer votre contenu à d’autres personnes, mais qui ne sont pas de votre métier ! Les personnes vous feront des retours sur la visibilité mais aussi sur la compréhension de vos textes : c’est hyper important que les posts écrits soient compréhensible par le maximum de monde. Et si on pense que les gens demanderont si ce n’est pas clair, c’est faux. La plupart des gens ne diront rien tout comme les personnes ne vont pas oser venir vous signaler que vos textes sont trop petits. Les gens trouvent des astuces quand iels ont des besoins en accessibilité. Pour vous donner un exemple, j’ai interviewvé une personne de mon entourage qui a des problèmes de vue et de concentration. Et sa seule façon de lire du texte, c’est de faire des captures d’écrans et de grossir le texte en zoomant sur la photo ! Pas d’aller demander aux gens.

Aussi, pensez à baisser la luminosité des écrans car tout le monde n’a pas un écran hyper constrasté.

Diane : Merci ! Ça me fait penser à la mise en page quand j’en faisais. La première fois que je faisais, c’était d’imprimer les book. Car sur l’ordinateur, on manque de recul. C’est clairement très peu écologique mais ça permet de gagner en clarté.

Jojo : C’est aussi une question de support et d’usage. Il y a des personnes qui n’ont pas d’ordinateur et naviguent que sur téléphone et c’est okey. D’autres qui auront des ordinateurs assez vieux ou des connexions internet plus lentes. Non, tout le monde n’a pas la fibre ! Quand on voit des vidéos en 4k sur des portables, à quoi ça sert ? Donc réfléchir à l’usage de votre visuel ou vidéo. L’accessibilité c’est aussi l’accessibilité numérique.

Marine : Ça fait tellement plaisir d’entendre ça ! Comme les ebooks que tu ne peux pas remplir sur pdf ou qui sont très lourd alors qu’on peut facilement les compresser avec adobe acrobat. On l’avait appris en cours avec notre prof de mise en page. Comme faire des maquettes sur papier avant de les faire sur ordinateur. Il nous a appris aussi à bien compresser nos documents en gardant la qualité.

Jojo : C’est toujours réfléchir à l’utilité ! Par exemple en ce moment je bosse sur mon site web et je me suis retrouvé face à une problématique importante : ça me tenait à coeur de travailler l’accessibilité donc j’ai fait au mieux mais aussi de bosser l’éco-conception du site web. Et on se demandait au niveau des photographies de mon portfolio, pour garder une bonne qualité mais avec un poids minime. Mon métier, ça reste celui de graphiste et c’était important de montrer la qualité de mon travail tout en les rendant accessible. Et on s’est questionné sur le comment mettre en valeur les photos sans que ce soit trop lourd : en utilisant des photos plus petites par exemple et éviter de mettre une photo de 2000px alors qu’elle sera montrée en 400px. Ça ne changera rien à la visibilité si on la redimensionne.

Diane : Et en soit ton message passe !

Jojo : Exactement. Et en dehors de l’accessibilité, tout ce qu’on fait sur internet, ça a un poids numérique. Et c’est important d’en prendre conscience, d’essayer de faire mieux, de faire des efforts avec l’énergie qu’on a.

Question 6 : Est-ce-que faire simple et tout retirer, c’est rendre accessible ?

Jojo : Ça va être à nouveau être une question de « pourquoi tu le fais ? » Accessibilité n’égale pas minimalisme. Souvent les gens ont peur que quand on parle d’accessibilité, tout se ressemblera. Alors que non, y’a beaucoup de sites accessibles qui sont beaux et cools et accessibles !

Après quand on n’a pas les connaissances en graphisme, vaut mieux commencer par faire moins. Se demander ce qui est le plus important : si c’est le texte, on va d’abord bosser sur ça. Ensuite on ajoutera des éléments mais ils ne devront pas prendre plus d’importance. Ça dépendra toujours du besoin du visuel finalement. Il existe des normes d’accessibilité, les WCAG au niveau du développement. Pour ça que je préfère parler d’accessibilité visuelle de mon côté car c’est surtout sur ça que je travaille et que sur les réseaux sociaux on est beaucoup sur du visuel.

Diane : Dans notre école, on nous a beaucoup appris à faire quelque chose de beau mais aussi de « less is more ». Le plus important c’est que ton message soit perçu avant que ce soit beau. Attardons nous sur ça plutôt que sur des petits détails que personne ne verra.

Jojo : Et ce n’est pas un support qui va créer votre identité globale. C’est l’ensemble qui crée l’identité. Alors si un post est tout blanc mais avec un texte percutant, il ne va pas desservir l’identité globale. Ce sont des questions de besoins, de pourquoi et de comment on y répond.

On ne pourra pas rendre tout accessible, ce serait bien mais tout le monde a des besoins précis et personnels. Le mieux c’est de s’y mettre. Ces derniers temps y’a eut des remous dans la communauté podcast.

Diane : Oui lors du paris podcast festival, du 15 au 17 octobre.

Jojo : Il y a eut une table ronde avec des personnes sourdes et/ou malentendantes et qui discutaient autour de l’accessibilité des podcast pour ouvrir la discussion. C’était super intéressant, tout comme l’après où au final, seule cette table ronde était accessible (langue des signes, transcription) et que les podcasts ont été mis sur internet sans sous titre ou transcription. C’est très révélateur de ce qui se passe en France sur l’accessibilité : on le fera après. Car ça prend du temps, ça demande du budget… Mais les personnes qui en ont besoin, iels en ont besoin maintenant. L’accessibilité c’est ce qui saute en 1er.

Et oui, on fait des erreurs, je fais des erreurs, on ne fait pas tout mais le plus important c’est de s’y mettre. C’est comme dire de ne pas avoir du temps de sous titrer des stories instagram mais d’avoir le temps d’en faire 15 à la suite. Je sais que des gens ne sont pas d’accord avec moi ! Ça prend du temps, c’est long mais au moins elles sont lisibles par des personnes qui en ont besoin et aussi les gens qui ne mettent juste pas le son. Désolé mais parfois j’ai la flemme d’écouter les gens parler aussi !

Marine : Ah mais c’est clair !

Jojo : Et bien entendu, tout le monde n’a pas l’énergie de tout sous-titrer, okey mais… au moins prendre en compte ce besoin et ne pas se braquer. Le handicap c’est 18 à 20% de la population française. Conclusion : s’y mettre, essayer, faire des erreurs, recevoir des commentaires où on nous dit que ce n’est pas lisible, ce n’est pas une critique contre vous et améliorer. Si vous créez du contenu, c’est pour qu’il soit appropriable, lisible et que les gens le voient !

Diane : C’est important de le rappeler et aussi d’assumer les erreurs qu’on fait ! Je suis entrain de lire un livre « l’âme délivrée » et dedans ça parle de vivre avec son colocataire intérieur, un peu comme le syndrome de l’imposture. Et oui faut parfois l’écouter mais parfois aussi prendre la décision de ne pas l’écouter. Et c’est pareil avec l’aspect « j’ai été con pour pleins de raisons ». Je vais faire le choix de ne pas le rester et de ne pas écouter. C’est très difficile à faire mais il faut assumer qu’on évolue, qu’on se déconstruit.

Jojo : Exactement et c’et vraiment un chemin tortueux, qui ne met pas à l’aise. Ça peut faire mal si tu reçois des commentaires sur le manque d’accessibilité alors que tu as passé beaucoup d’heures sur un contenu. Mais ça nous fait nous remettre en question. Déjà la personne a pris le temps de le dire ! Et ça ne veut pas dire de tout changer, de tout refaire à zéro, c’est petit à petit voir ce qu’on peut faire pour améliorer, ce qui est simple et rapide à faire. C’est y aller petit pas par petit pas. Si quelqu’un fait une remarque, on prend le retour et on dit qu’on travaille dessus !

Marine : Et puis nous on a la tête dedans donc c’est logique qu’on lise parfaitement ce qu’on créé, qu’on comprenne ce qu’on écrit. Par exemple sur les sous-titre, nous on lit mais on connait ce contenu de base. 3 secondes ça nous parait assez alors qu’il en faudrait 5. Quand tu sous-titre de la voix, on parle trop vite !

Jojo : Et ça me fait penser, on fait beaucoup de beta test dans le monde de l’entreprenariat, à faire tester des formations etc. Tester l’accessibilité c’est aussi une beta test et c’est aussi utile. Demander aussi les supports utilisés par les personnes : si la personne est plus podcast, ça nous permet de savoir qu’il faudrait penser à faire une transcription.

Diane : Quand j’ai fait les appels détectives, on a montré nos visuels et nos idées. Les différents regards nous ont permis de créer un podcast POUR les personnes.

Jojo : Ça me fait penser à pourquoi je divise le design inclusif et l’accessibilité. Le second fait parti du premier mais le premier peut vivre seul, sans le second. Le design inclusif permettra de rendre plus confortable mais le contenu sera toujours accessible. Mais l’accessibilité, c’est un besoin et c’est même une obligation légale.

Question 7 : quelles sont les problématiques que tu rencontres en ce moment ?

Jojo : Alors j’en ai 2 ! Je ne sais pas faire du snack content, le contenu qu’on lit rapidement et tout. J’ai essayé mais je ne me sens pas à l’aise. Et aussi de gagner du temps sur ma création de contenu. Désolé je vais faire pleurer les coachs instagram mais quand je lis qu’il faut passer max 30min/1h par post instagram alors que moi je passe parfois 8h… Entre la recherche, les sources, les lectures. Je culpabilise beaucoup en lisant ça mais je sais que je devrais apprendre à gagner du temps… Ce serait cool.

Diane : Pour revenir sur le temps que tu passes sur tes contenu, on en parle dans l’épisode du 25 octobre. D’abord c’est de checker tes process. Si ton processus de création est long et que tu ne prends pas du plaisir, okey y’a un soucis. Mais si tu kiffes, continue !

Jojo : Exactement mais quand je vois des gens qui font beaucoup de contenus cools, poussés et tout et plusieurs fois par semaine. C’est mon goal !

Marine : Je pense que c’est aussi parce que tu recoupes beaucoup tes informations. Donc ça prend beaucoup de temps. Personnellement j’avais ce soucis l’année dernière et en plus j’étais limité par le nombre de caractère instagram. C’est le soucis des gens qui écrivent beaucoup et qui n’ont pas de blog ! Si tu en avais un, tu ferais un grand article sur ton blog et sur Instagram, tu ferais un carousel avec les infos importantes et toutes les sources seront sur ton blog.

Question 8 : Quelle a été la plus belle opportunité que tu as en grâce à ton contenu ?

Jojo : Alors ce n’est pas mon instagram du moment mais j’ai eu une période blog cuisine vegan et j’ai eu l’opportunité d’être publié dans un magasine de cuisine vegan, Regal si je me souviens bien. Le bémol, c’est que je me suis rendu compte que j’ai été payé en visibilité !

Et sinon, j’ai été cité par une autre personne dans un podcast, Lea Niang sur (leaaniang sur instagram) qui bosse en communication inclusive. C’était très rapide mais ça m’a fait tout bizarre car j’aime énormément son travail !

(Fin du podcast)

Encore merci à Marine et à Diane pour l’invitation !

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